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Peut-être la seule architecture de Léonard de Vinci, peut-être !

L'hypothèse de la "Tour Etoilée", oeuvre de Léonard ?

Il y a 5 siècles, jour pour jour, mourrait Léonard de Vinci (2 mai 1519) après avoir bouleversé son pays de naissance, l’Italie, la France et plus largement l’Europe, et pourquoi pas le monde d’aujourd’hui en touchant à l’universel.

Certes, les rétrospectives et commémorations se battent : qui aura les tableaux, à quelles conditions, en échange de quoi… ? Car, miracle du tableau de chevalet invention de la Renaissance,  les peintures circulent. Aujourd’hui dans quelques grandes collections de grands musées, elles participent des relations internationales entre les pays dépositaires, des frictions politiques ou des amitiés éternelles déclarées le temps d’un gouvernement.

On sait aussi que Léonard était ingénieur. L’histoire a fait se déposer ses codex dans de grandes bibliothèques, dont beaucoup en France ; et régulièrement s’exposent des maquettes évoquant les machines dessinées dont il serait l’inventeur. Attribution relative quand on connait les codex des ingénieurs de la Renaissance dont il s’est largement inspiré ! Et puis faire des expositions de maquettes hypothétiquement reconstituées, c’est tellement plus facile et au goût de notre siècle platement scientifique.

Mais qui connait le Léonard architecte, qui toute sa vie œuvra sur des centaines de pages et dessins à faire des plans de fortifications, de citadelles et de murailles ? Car être architecte au temps de la Renaissance, c’est d’abord être ingénieur et surtout ingénieur militaire, qui sert le prince, ses armées et ses ambitions. Alors Léonard l’ingénieur se voit confier des châteaux qu’il commence à édifier, la formidable Rocca de Piombino dont il prépare les fondations mais qu’il n’achèvera jamais, la ville idéale de Romorantin qu’il dessine pour François 1er et dont il ne reste que quelques hypothétiques traces parcellaires. Mais les codex fourmillent de plans, d’élévations, de perspectives, de coupes pour des murailles invincibles, des villes imprenables, de puissantes tours d’artillerie, des armes imparables.

Alors quelle surprise quand à l’aube du XXIème siècle, sous les broussailles et l’ignorance des humains, on redécouvre une architecture qui calque les inventions et solutions dessinées sur les codex ! Nicolas Faucherre, grand historien de la fortification moderne, fait immédiatement classer les ruines au titre des Monuments Historiques et essaye depuis d’attirer l’attention sur ce monument inédit. Œuvre de Léonard, seule architecture du maître encore existante, construction d’un entrepreneur suivant les plans du maître… les hypothèses sont à conforter ou invalider. En tous les cas la famille Turpin de Crissé, commanditaire du monument, est familière de François 1er et ne pouvait que connaitre l’artiste vieillissant que le roi de France avait invité dans son royaume. La Tour de Monthoiron, la « Tour Etoilée » au plan idéal cerclé de contreforts aigus et défendue par une galerie d’artillerie basse… se retrouve exactement dans les plans des codex. Tout y est, le plan, l’élévation, les détails des galeries et chambres de tirs, les flanquements, le dessin des contreforts, le profil des corniches…

Alors, ce soir 2 mai 2019 ou cette année, allez visiter la Tour Etoilée de Monthoiron, retrouvez les ruines encore fragiles et enfin dégagées de ce monument unique… et rêvez du lien fort qui indubitablement relie ce monument au plus célèbre des artistes de la Renaissance. Peut-être que là, à quelques kilomètres de Châtellerault, survit l’unique architecture pensée par Léonard, ingénieur.

Une tour de Léonard de Vinci ?